Fernand Bomb

Témoignage:

Christian Haan

L’ACAT : un glaive à double tranchant !

Je garde de mes 1eres rencontres avec l’ACAT à la fin des années 80 au Luxembourg le souvenir d’un temps effroyable : froid, gris et humide. Bon sang, il leur en fallait de la chaleur intérieure aux militants de l’ACAT pour que j’aille avec eux « me les geler », une pauvre bougie à la main, en murmurant l’un ou l’autre chant devant les grilles et volets fermés de l’une ou l’autre ambassade de la capitale luxembourgeoise.

Rester, veiller et prier, dans le froid, avec une obstination déraisonnable : est-ce que ça ne frise pas le ridicule ?

Mais au final, ce n’était pas grand-chose par rapport à ceux qui enduraient la souffrance physique et morale de la privation de liberté. Et quand on aime on ne compte pas… si ce ne sont les secondes qui nous séparent de l’être aimé.

En tous les cas dans ce combat inégal, j’ai appris le courage et l’espérance contre toute espérance. J’ai aussi fini par comprendre que la fidélité, à Dieu, aux autres et à soi était un choix, une décision, une volonté.

C’est la première fois que j’ai essayé de me mettre dans la tête d’un bourreau, moins pour comprendre l’abject, que pour lui trouver une porte de sortie, une fin à ses agissements… car derrière tout bourreau se cache (au propre comme au figuré) un homme, avec une famille et peut-être même des enfants.

Jamais complice ni complaisant, mais toujours correct et respectueux en dénonçant l’inacceptable… c’est faire appel à la responsabilité de l’autre et lui permettre de reprendre en main ses sentiments et sa destinée.

N’est-ce pas aussi croire que tout homme est capable de dégeler son cœur ?

N’est- ce pas croire que tout homme est capable de rédemption, comme le bon larron ? N’est ce pas croire que jamais personne n’est perdu, que jamais personne n’est trop loin pour Dieu ?

On ne sort pas indemne d’un tel combat : l’ACAT est un glaive à double tranchant et c’est peut-être sa propre cuirasse qu’on fend en premier avant même d’atteindre l’autre.

Si je suis devenu, au gré d’une rencontre, aumônier de prison, l’ACAT n’y est pas étrangère, quelque part elle m’y a largement préparé.

Ce qui est important ce n’est pas d’entrer en prison mais d’en sortir… en homme debout, c’est ça la gloire de Dieu. Il y a des entraves et des chaines qu’on ne voit pas du premier coup, mais pourquoi le méchant d’aujourd’hui ne pourrait-il pas devenir l’ami de demain ?

Merci pour tout.

Christian Haan (ancien membre de l’ACAT Luxembourg, actuel membre de l’ACAT France, aumônier à la prison de Nancy-Maxéville)

 

 

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