REQUÉRANTS D’ASILE BLOQUÉS DANS LES BALKANS

CROATIE

Juin 2020

Tandis que les migrants n’ont de cesse de chercher de nouvelles routes dans les Balkans en direction de l’Europe, les frontières des divers pays se ferment et la violence s’accentue. En particulier en Croatie, qui refoule les migrants à tour de bras vers la Bosnie et la Serbie.

Des milliers de réfugiés bloqués dans des campements inhumains en Bosnie- Herzégovine

Dans le canton d’Una-Sana, limitrophe de la Croatie, des milliers de migrants s‘abritent dans des usines, des gares abandonnées ou encore dans les bois. À Bihać, une usine de réfrigérateurs, désormais « sertie » de containers, accueille 2000 migrants, dont 400 mineurs non-accompagnés. Ailleurs, c‘est à même le sol, sur des cartons, qu’on dort et qu’on cuisine dans des tentes, des bâtiments désaffectés ou des décharges. En haillons, les migrants ont froid, ne possèdent pas de savon, rien pour se sustenter, se soigner, pas de médicaments, plus de sacs qui leur ont été dérobés. Certains cantonnements isolés n’ont ni eau, ni électricité et surtout pas de dispensaires. Si le camp de l’horreur à Vutciak a été fermé (800 réfugiés dans des conditions inhumaines), de nouveaux bivouacs, à Lipa, à Mira, ne valent guère mieux. Et le Covid-19 déclenche une hostilité grandissante de la population – habituellement hospitalière – envers les étrangers bloqués par la fermeture des frontières.

Politique d’expulsion de la Croatie

Ces migrants cherchent une vie meilleure en Europe. C’est sans compter sur la Croatie qui désire ardemment intégrer l’espace Schengen. Elle surveille donc jalousement sa frontière externe. Ses forces de l’ordre suréquipées (grâce à l’aide financière de l’UE), refoulent violemment les migrants vers la Bosnie-Herzégovine où les quelque 5000 places financées par l’UE – et gérées par l’OIM – ne suffisent pas pour l‘hébergement des 12000 migrants en fuite sur des chemins minés. La Bosnie est ainsi devenue une impasse pour les exilés.

« The game »

Pour les migrants, the game, le « jeu » sera de passer la frontière, sans rencontrer les policiers croates cagoulés de noir. Ces derniers brûlent et détruisent tout effet personnel (téléphones, nourriture), avant de braquer leurs armes sur ceux qui aspirent « à changer de destinée ». Vêtements et chaussures confisqués, les migrants sont lâchés de nuit en rase campagne, parfois vers des zones dangereuses – abords de rivières, collines escarpées, ou terrains minés. Une seule issue : plonger nus dans des cours d’eau glacés, qu’ils sachent nager ou pas. Arrivés sur l’autre rive, ils dorment pelotonnés sur des matelas crasseux ou sur le carrelage des toilettes de mosquées.

Violation du droit international

En refoulant ainsi les réfugiés vers la Bosnie ou la Serbie, et souvent de manière violente, la Croatie viole ouvertement ses obligations en droit européen et international, notamment envers les réfugiés, et en particulier le principe de non- refoulement.

 

Dans la lettre d’intervention, les autorités croates sont rappelées à leur devoir de respecter le droit des personnes migrantes au regard des traités liant la Croatie, notamment le Convention de l’ONU contre la torture (CAT), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), la Convention relative aux réfugiés, la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), ainsi qu’au regard des diverses dispositions sur l’asile de l’Union européenne, dont la Croatie est membre. Les autorités croates sont en particulier appelées à respecter le principe de non- refoulement contenu dans la CAT et la Convention relative aux réfugiés. Il est demandé à la Croatie de faire respecter ces dispositions par ses forces armées et de police, spécifiquement envers les migrants.

 

Agissez en envoyant cette lettre à

M. Zoran Milanović
Président de la Croatie

Nos précédentes actions

Appel du mois – Octobre 2020

Appel du mois – Octobre 2020

Pour les personnes qui risquent la peine capitale, l’accès à un avocat ou une avocate peut faire la différence entre la vie et la mort. La 18e Journée mondiale contre la peine de mort est consacrée au droit à une représentation juridique efficace à tous les stades de la procédure – et même après.

Appel du mois – Septembre 2020

Appel du mois – Septembre 2020

Le 17 juin 2020, le défenseur des droits humains Ahmed Amasha a été arrêté chez lui à Hilwan avant d’être conduit vers un lieu inconnu. En 2017, il avait déjà été arrêté et torturé par les services de sécurité égyptiens et n’avait été libéré qu’en octobre 2019.

Appel du mois – Juillet-août 2020

Appel du mois – Juillet-août 2020

M. Elchin Mammad est avocat spécialiste des droits humains. Il a été arrêté chez lui dans la ville de Sumgait en mars 2020, quelques jours après qu’il eut publié en ligne un rapport critique sur la situation en Azerbaïdjan en matière de droits humains.

Contactez l’ACAT Luxembourg

T +325 44 743 558

Permanences: Mercredi et vendredi, de 9h30 à 12h, en dehors des vacances scolaires.

Egalement sur rendez-vous

contact@acat.lu

Siège:
5,av Marie-Thérèse
L-2132 Luxemburg

Suivez-nous sur Facebook

Consultez nos statuts
©2017 ACAT Luxembourg

Compte bancaire

IBAN LU77 1111 0211 9347 0000
Notre association est reconnue d’utilité publique, vos dons sont déductibles des impôts. Merci de préciser la mention “Don” en communication.

Ecrivez-nous