La dimension sport et développement par tous, pour tous et partout, même en prison

L’action de l’ONG La Balle Aux Prisonniers (LaBAP)

L’accès au sport et à l’exercice d’une activité physique est reconnu comme un droit fondamental pour tous selon les règles des Nations Unies.

Le sport devient alors un instrument puissant pour aider les Nations Unies à atteindre ses objectifs de développement en catalysant les avancées en matière de « Réinsertion de ceux qui en plus besoin : enfants-soldats, réfugiés, victimes de conflits et de catastrophes naturelles, personnes handicapées et bien d’autres encore ». Plus récemment à l’article 3 de sa charte « La FIFA s’engage à respecter tous les droits de l’homme internationalement reconnus et elle mettra tout en œuvre pour promouvoir la protection de ces droits. »

Comment faire du sport un droit pour tous et partout même derrière les murs d’une prison et quelles sont ses effets sur la réinsertion des mineurs ?

Si la prison a pour fonction première de punir les personnes détenues et de les priver de leur liberté d’aller et venir, le régime pénitentiaire a avant tout pour objectif de veiller à la réinsertion de ses pensionnaires. Des lignes directrices ont été établies pour mieux concevoir ce que cet objectif représente en pratique et s’assurer que tout individu condamné puisse purger sa peine en maintenant son épanouissement physique et psychologique afin de mieux préparer sa mise en liberté. Les règles Mandela adoptées tout récemment en 2015, prévoient ainsi à la Règle 23 :

« 1. Chaque détenu qui n’est pas occupé à un travail en plein air doit avoir, si le temps le permet, une heure au moins par jour d’exercice physique approprié en plein air.

2. Les jeunes détenus et les autres détenus dont l’âge et la condition physique le permettent doivent recevoir pendant la période réservée à l’exercice une éducation physique et récréative. Le terrain, les installations et l’équipement nécessaires devraient être mis à leur disposition. »

Mais la réalité est souvent plus désastreuse (oisiveté permanente, problème d’hygiène et de santé, surpopulation carcérale endémique, etc.) et la privation de liberté s’accompagne le plus souvent de la violation des autres droits fondamentaux (éducation, accès à l’eau potable, etc.). Au sein de la prison, le sport représente alors une échappatoire, favorisant notamment la solidarité, la tolérance, l’insertion sociale et la santé. En effet, le sport véhicule des principes fondamentaux, tels que le respect des autres et du règlement, le travail d’équipe et l’esprit sportif favorable aux objectifs de réinsertion.  

L’association La Balle Aux Prisonniers veille alors à ce que les valeurs du sport et du développement atteignent les portes de la prison et que les préoccupations des prisons atteignent les institutions internationales, régionales et nationales de promotion des droits de l’homme et celles en responsabilité du sport et du développement. Pour la personne incarcérée, les activités sportives deviennent un moyen d’atteindre un meilleur accomplissement personnel qui peut se retranscrire dans son parcours scolaire et professionnel.

La réinsertion des détenus, notamment lorsqu’ils sont mineurs, doit ainsi être envisagée de manière intégrée.
La réinsertion sociale en milieu carcéral signifie l’accompagnement psychologique, professionnel et éducatif de la personne incarcérée par le recours au travail, aux moyens éducatifs et culturels et aux loisirs qui peuvent lui être proposés en prison. La réinsertion s’appuie notamment sur la nature des relations entre le personnel et les prisonniers, les mesures prises pour encourager et favoriser les contacts avec la famille, les amis et la collectivité.

Le travail de réinsertion se poursuit à l’extérieur de la prison où les anciens détenus sont particulièrement vulnérables durant les six à douze mois qui suivent leur sortie. La notion de réinsertion post-pénitentiaire vise à assurer une transition planifiée et progressive entre la prison et la vie à l’extérieur. Les familles des anciens détenus, leurs proches, et la collectivité toute entière ont un rôle fondamental à jouer pour aider le retour dans la société et pour les aider à reconstruire leur vie.

LaBAP qui utilise le sport comme un outil au service de l’éducation et de la réinsertion dans les lieux privatifs de liberté se présente alors comme une structure de promotion des droits de l’homme qui vient faciliter la mise en œuvre des engagements pris par les Etats dans le respect de leurs obligations internationales en matière d’amélioration des conditions de détention. Cependant, alors même que les normes internationales de promotion et de protection des droits de l’homme s’adressent à des spécialistes tout le monde doit se sentir concerné, touché et capable d’agir à son niveau si l’on veut que tout le monde s’engage. C’est d’ailleurs en ce sens que LaBAP sensibilise les jeunes étudiants européens sur les conditions de détention et collabore avec les établissements scolaires pour une mobilisation citoyenne des jeunes.

Pour agir La Balle Aux prisonniers utilise la force de frappe du ballon qui rompt la barrière avec la prison et veille notamment à faire venir des équipes extérieures rencontrer les détenus pour taper le cuir et échanger. En effet, le sport joue un rôle de cohésion. LaBAP utilise le foot car le ballon, l’outil le plus fédérateur au monde (il suffit de voir comme les stades sont remplis), devient un outil au service des droits de l’homme. C’est pourquoi nous prônons le sport pour tous, par tous et partout même en prison. Il s’agit à la fois alors d’une clé d’appropriation pour entrer en prison, et d’une clé de sortie pour les détenus, en leur offrant un moment d’évasion : une façon de leur dire la balle est dans votre camp. Un moyen populaire au service d’une cause, le respect des droits de l’homme et en l’espèce la réinsertion des prisonniers.

La justice est souvent le parent pauvre d’un Etat, l’administration pénitentiaire son grand parent et alors la réinsertion parlons d’arrière grand parent pauvre, celui sur lequel on ne mise surement pas assez parce que l’on a tendance à investir sur du court terme, (sécurité/lutte anti-terroriste etc.) or la transformation d’une société doit s’envisager à long terme. Pour cela les instances de promotion et de protection des droits de l’homme et celle en responsabilité du sport doivent encourager la promotion du sport au service des droits de l’homme, à travers la mobilisation citoyenne, afin que tout un chacun s’engage au quotidien dans un effort collectif.

L’ACAT Luxembourg soutient chaleureusement l’action de la BaP et vous invite à devenir supporter de leurs équipes !

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