Abandon des migrants, victimes de la « guerre hybride » sur les marches orientales de l’Union européenne

Aux portes de l’Europe, ils seraient des centaines de migrants acculés du côté polonais, des milliers, du côté bélarusse

Choquées par les graves atteintes aux droits humains dont sont victimes ces migrants, les ACAT Européennes signataires, membres de la FIACAT, dénoncent une fois de plus la résurgence de pratiques opposées au droit international.

Elles sollicitent l’intervention de toute urgence de l’UE pour organiser la prise en charge matérielle de ces personnes, contrôler le respect de leurs droits fondamentaux, en interdisant notamment les push-back sur ces zones frontières.

Les États concernés responsables de violations sont sommés de corriger leur approche sans attendre, en garantissant à tout migrant arrivé à leurs frontières une procédure d’asile régulière, un traitement digne, et en premier lieu, un accès inconditionnel et immédiat à l’aide humanitaire d’urgence.

Nos organisations ne sauraient se taire face à la « guerre hybride » qui se déroule aux confins orientaux de l’UE. L’une des conséquences est que nombre d’exilés se retrouvent au Belarus, où leur demande d’asile n’est ni examinée ni traitée, piégés en pleine forêt, cernés de gardes-frontières, de la police et de l’armée du Belarus et de Pologne. Les familles et les mineurs, en particulier, sont à la merci de l’hiver implacable et précoce, et de l’arbitraire des forces de sécurité, dans une situation intolérable.

C’est de toute urgence qu’ils doivent être secourus et que leurs droits fondamentaux doivent être respectés

En février 2018, le Bénin abolissait définitivement la peine de mort. À cette occasion, le Président du Bénin a commué en réclusion à vie les peines des 14 condamnés à mort encore en détention. Ces prisonniers avaient passé plus de 20 ans dans les couloirs de la mort, vivant dans une seule cellule aux dimensions exiguës, dans des conditions inhumaines, dégradantes et dangereuses pour leur santé physique et psychique.

Pendant des années, des groupes de la société civile, dont l’ACAT Bénin et Amnesty International, étaient intervenus en faveur de ces 14 condamnés et avaient mené des actions en vue de l’abolition effective de la peine de mort au Bénin. En 2019, une délégation sud-africaine et luxembourgeoise de l’Institute for Healing of Memories a pu leur rendre visite dans leur lieu de détention, la prison civile d’Akpro-Missérété, à 40 kilomètres de Cotonou.
Parmi ces prisonniers se trouvait Yaovi Azonhito. En janvier 2022, grâcié par le Président de la République, il a retrouvé la liberté. Aujourd’hui, il vit dans une grande précarité. Depuis sa libération, il est engagé aux côtés de l’ACAT Bénin dans la lutte pour les droits humains. Avant sa venue au Luxembourg, il participera comme témoin au 8e Congrès mondial contre la peine de mort, qui se déroulera à Berlin du 15 au 18 novembre. Il s’y rendra avec Pascal ZOHOUN, président de l’ACAT Bénin, qui l’accompagnera également au Luxembourg.

Par cette manifestation, à laquelle participera également un intervenant d’Amnesty International Luxembourg, les organisateurs souhaitent, d’une part, célébrer les progrès réalisés ces dernières années dans la lutte contre la peine de mort, tels que l’abolition de celle-ci au Bénin ; et, d’autre part, souligner le travail qu’il reste à faire et appeler à une mobilisation pour éradiquer cette sanction cruelle et inhumaine à travers le monde.

Lors de la soirée du 22 novembre, des interludes musicaux seront assurés par le violoniste Vincent SOUBEYRAN.