Appel du mois – Mars 2020

RECRUDESCENCE DES MENACES CONTRE LES DÉFENSEUR.E.S DE LA PAIX

COLOMBIE

Mars 2020

Le 15 janvier 2020, une longue liste de personnes et d’organisations impliquées dans la défense des droits en Colombie s’est retrouvée menacée de mort sur les réseaux sociaux par le groupe paramilitaire Águilas Negras (Aigles noirs). Parmi les cibles, on retrouve des défenseurs de l’accord de paix, et notamment des victimes du conflit armé interne (plus particulièrement des femmes, des mutilés et des communautés indigènes et afro-colombiennes) et de la restitution des terres spoliées, ainsi que des personnalités politiques de gauche. Sont notamment menacées Patricia Linares, avocate et présidente de la Juridiction spéciale pour la paix (JSP), et Pilar Rueda Jimenez, coordinatrice de l’équipe en charge des questions de genre au sein de l’Unité d’investigation et d’accusation de la JSP, ainsi que l’ONG Collectif d’avocats « José Alvear Restrepo » (CAJAR), membre de la Coalition colombienne contre la torture (CCCT) avec laquelle l’ACAT travaille.

Dans leur tract, les paramilitaires proclament : « Les leaders sociaux seront exécutés sans pitié et où qu’ils se trouvent : chez eux, dans leurs bureaux, sur les routes ou dans des espaces publics. » Une récompense de 8 000 euros est annoncée pour tout assassinat d’une personne nommément citée dans le tract. Il est également question de « torturer, enlever, faire disparaître, mutiler, démembrer pour l’exemple afin que d’autres ne s’avisent pas d’ouvrir leur bouche et d’inciter à la contestation (…) pour retarder le développement du pays ». Le tract promet enfin que le premier « semestre 2020 sera le plus sanglant que la Colombie ait connue pour tous ceux et toutes celles que l’on appelle des leaders sociaux et des défenseurs des droits humains ».

Plus d’une trentaine de personnes et d’organisations mobilisées pour la paix et le respect des droits humains ont été menacées de mort récemment. La situation n’a cessé de se dégrader depuis la signature de l’accord de paix fin 2016 : selon les dernières statistiques de 2020, il y a pratiquement un assassinat de défenseur.e par jour. Les autorités doivent mettre en place des mesures rapides et efficaces pour assurer leur protection.

Les défenseurs des droits humains en danger depuis l’accord de paix

La mise en application de l’accord est loin d’être aisée car tous ne sont pas favorables à la paix. Des groupes criminels hérités des paramilitaires d’extrême droite, théoriquement démobilisés en 2005, sont en réalité très actifs. Ces néo-paramilitaires s’enrichissent par le narcotrafic et d’autres activités illégales et s’en prennent à tous ceux susceptibles de menacer leurs activités.
En 2019, la Colombie était une nouvelle fois largement en tête des pays les plus dangereux pour les défenseurs des droits humains, avec au moins 107 assassinats selon l’ONU. Les autorités colombiennes ne garantissent pas leur sécurité.

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En février 2018, le Bénin abolissait définitivement la peine de mort. À cette occasion, le Président du Bénin a commué en réclusion à vie les peines des 14 condamnés à mort encore en détention. Ces prisonniers avaient passé plus de 20 ans dans les couloirs de la mort, vivant dans une seule cellule aux dimensions exiguës, dans des conditions inhumaines, dégradantes et dangereuses pour leur santé physique et psychique.

Pendant des années, des groupes de la société civile, dont l’ACAT Bénin et Amnesty International, étaient intervenus en faveur de ces 14 condamnés et avaient mené des actions en vue de l’abolition effective de la peine de mort au Bénin. En 2019, une délégation sud-africaine et luxembourgeoise de l’Institute for Healing of Memories a pu leur rendre visite dans leur lieu de détention, la prison civile d’Akpro-Missérété, à 40 kilomètres de Cotonou.
Parmi ces prisonniers se trouvait Yaovi Azonhito. En janvier 2022, grâcié par le Président de la République, il a retrouvé la liberté. Aujourd’hui, il vit dans une grande précarité. Depuis sa libération, il est engagé aux côtés de l’ACAT Bénin dans la lutte pour les droits humains. Avant sa venue au Luxembourg, il participera comme témoin au 8e Congrès mondial contre la peine de mort, qui se déroulera à Berlin du 15 au 18 novembre. Il s’y rendra avec Pascal ZOHOUN, président de l’ACAT Bénin, qui l’accompagnera également au Luxembourg.

Par cette manifestation, à laquelle participera également un intervenant d’Amnesty International Luxembourg, les organisateurs souhaitent, d’une part, célébrer les progrès réalisés ces dernières années dans la lutte contre la peine de mort, tels que l’abolition de celle-ci au Bénin ; et, d’autre part, souligner le travail qu’il reste à faire et appeler à une mobilisation pour éradiquer cette sanction cruelle et inhumaine à travers le monde.

Lors de la soirée du 22 novembre, des interludes musicaux seront assurés par le violoniste Vincent SOUBEYRAN.