Michael Lapsley reçu en audience par le Pape François

Le 15 juin 2019, quelques jours après son 70ème anniversaire et alors que l’Institut pour la guérison des mémoires, qu’il a fondé au Cap, fête ses 20 ans, Michael Lapsley a été reçu en audience privée par le Pape François au Vatican.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Audience privée accordée par le Pape François au Père Michael Lapsley SSM, Directeur de l’Institut pour la guérison des mémoires (IHOM), Afrique du Sud, au Vatican, le 15 juin 2019

 

Cette audience a constitué un temps de rencontre entre le Saint Père et le Père Michael Lapsley SSM, qui était accompagné par Philani Dlamini (1), Patrick Byrne (2) et Javier García Alves (3).

Ce fut une expérience très émouvante. D’emblée, le Pape François et le Père Michael se sont très bien entendus. Même sens de l’humour, même langage direct, même écoute, mêmes priorités. Le tout se concluant par des embrassades chaleureuses.

Le Père Michael a d’abord partagé une part de l’histoire de son parcours, notamment le moment critique de sa vie qu’a été la réception d’une lettre piégée, qui lui a arraché les mains et occasionné d’autres blessures profondes. Le Pape François a été visiblement ému par son récit. Le Père Michael lui a ensuite expliqué que, à la suite de cet attentat, il s’était senti peu à peu appelé à créer un projet de guérison des mémoires, menant, à terme, à l’établissement de l’Institut pour la guérison des mémoires (IHOM). Ce projet s’est mis en place initialement dans le pays meurtri d’Afrique du Sud, en complément des travaux de la Commission Vérité et Réconciliation, et plus tard à travers le monde.

Le Père Michael a choisi comme élément central de son témoignage la grande importance à attacher à la démarche de la reconnaissance, en tant que premier pas du chemin vers la guérison, tant dans le cadre du travail de l’IHOM à travers le monde que du ministère du Pape François. Il a exprimé sa grande appréciation du rôle joué par le Saint Père dans notre monde d’aujourd’hui, notamment sa reconnaissance de la souffrance de la famille humaine et son insistance permanente sur la miséricorde, la compassion et la solidarité, tout particulièrement envers les personnes les plus désavantagées et les plus exclues.

Le père Michael a ensuite évoqué la rencontre qui avait eu lieu la veille entre le Pape François et les représentants de l’industrie pétrolière et le fait qu’il les avaient réprimandés pour le fait de  continuer à s’engager en faveur de l’exploitation des ressources fossiles, avec toutes les  conséquences néfastes d’une telle attitude pour notre maison terrestre commune. Le Pape François a précisé, d’un grand sourire, qu’il leur avait simplement tiré les oreilles.

Le Père Michael a fait allusion aux nombreuses traductions de son autobiographie, Guérir du passé (à ce jour, 14 éditions linguistiques), dont des éditions en allemand, espagnol, français, arabe et thaï, qui démontrent que son histoire et le travail de l’IHOM ont une résonance universelle. Il a indiqué que les deux thématiques principales qui ressortent des ateliers de guérison des mémoires à travers le monde sont celles de la violence liée au genre (y compris les violences domestiques et sexuelles) et les traumatismes d’enfance. Le Pape François a acquiescé de la tête sur ce point.

Le Père Michael a expliqué qu’il porte plus d’une casquette : outre ses fonctions de directeur de l’IHOM, il est chanoine pour la guérison et la réconciliation auprès de la cathédrale anglicane du Cap et également à Edmonton, au Canada. L’évêque d’Edmonton, Jane Alexander, avait écrit à plusieurs reprises au Saint Père, lui demandant de visiter le Canada et de présenter les excuses de l’Église pour les abus commis par les personnels religieux des pensionnats pendant de nombreuses années. Le Pape François a immédiatement répondu qu’une réflexion était déjà en cours au Vatican sur la perspective d’une telle visite.

Le Père Michael a ajouté que l’un des rêves des peuples autochtones à travers le monde est de voir révoquer la Doctrine de la découverte par l’Église catholique.
Il a ensuite évoqué la visite prochaine du Pape François au Mozambique, où deux importantes blessures vives du passé, jusqu’à ce jour non reconnues, représentent encore un obstacle à la guérison de la nation. Il s’agit, d’une part, des abus du FRELIMO, notamment l’exécution de certains de ses membres, dont un prêtre catholique, le Père Mateus Pinho Gwenjere, dont on ne sait toujours pas où se trouve le corps. Il s’agit, d’autre part, du fait que l’Église catholique se soit identifiée en grande partie au pouvoir colonial occupant. Le Père Michael a offert au Pape François un livre sur la vie du Père Gwenjere écrit par Lawe Laweki, ainsi que deux messages personnels de la part de l’auteur de ce livre.

De nombreux militants pour la paix espèrent que les thèmes de la non-violence et de la renonciation à la notion d’une guerre juste feront l’objet d’une nouvelle encyclique papale. En réponse à cette remarque, le Saint Père a observé que les grandes puissances se font complices de la guerre par leur rôle important et leur implication dans l’industrie des armements.

Le Père Michael a exprimé sa profonde appréciation de l’opposition du Pape François à la peine de mort, qui est reprise à présent dans le catéchisme de l’Église catholique. Il s’agit là du fruit d’actions menées pendant de longues années par des associations telles qu’Amnesty International et l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture).

Avant la fin de l’audience, le Père Michael a souligné que l’IHOM souhaitait renforcer son action en Afrique du Sud et dans le monde entier. Il a demandé si le Saint Père pouvait indiquer comment obtenir d’autres soutiens d’organismes de l’Église catholique. Le Pape François a fait plusieurs suggestions à ce sujet.

La conversation a connu également des moments légers, le Pape François et le Père Michael appréciant le sens de l’humour qui leur est commun. Le Saint Père a fait la remarque que le sens de l’humour est sans doute ce qu’il y a de plus proche de la grâce de Dieu. Il a fait allusion à la Prière de la bonne humeur de St Thomas More, qu’il prie chaque jour.

Le Père Michael a dit au Pape François qu’il aurait pu se faire accompagner à l’audience par plusieurs milliers de personnes, y compris un grand nombre de ses amis Facebook et que beaucoup d’entre eux adressaient au Saint Père leurs salutations. Le Pape François a répondu par un grand sourire, en ouvrant les bras pour indiquer qu’il y avait beaucoup de place pour accueillir chacun d’entre eux et que lui aussi les saluaient tous.
Le Père Michael a offert au Saint Père deux exemplaires signés et dédicacés de son autobiographie, Guérir du passé, l’un en anglais et l’autre en espagnol.

En fin d’audience, le Pape François a donné sa bénédiction à la délégation et a demandé à chacun de ses membres de prier pour lui. Pendant son séjour à Rome, la délégation a joui de la collaboration, très  appréciée, de George H. Johannes, Ambassadeur d’Afrique du Sud auprès du Saint-Siège, qui connaît le Père Michael de longue date, ayant collaboré avec lui à la lutte contre l’apartheid.

 

Press release – Papal audience – 15.06.2019

(1) De l’Institut pour la guérison des mémoires (Institute for Healing of Memories, IHOM) au KwaZulu-Natal, Afrique du Sud.
(2) Président d’honneur de la Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT) et co-coordinateur du Groupe de soutien
« Guérison des mémoires » Europe.

(3) Traducteur des trois éditions espagnoles de l’autobiographie du Père Michael, Guérir du passé, et co-coordinateur du Groupe de soutien « Guérison des mémoires » Europe.

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