Répression massive, exécutions, arrestations arbitraires

NICARAGUA

Septembre 2018

Plus de trois mois après le déploiement par le président Daniel Ortega d’une stratégie meurtrière de répression des manifestations, le solde est effrayant : environ 300 personnes ont été tuées et plus de 1.800 blessées, bilan auquel il faut ajouter de nombreuses disparitions et détentions sans garanties légales.

Au Nicaragua, les autorités ont réagi avec violence face aux actions de protestation qui ont eu lieu à travers le pays depuis le 18 avril. Ces manifestations pacifiques, organisées dans la capitale, Managua, ainsi que dans d’autres villes du Nicaragua (Bluefields, León, Estelí, Masaya), ont mobilisé des centaines de personnes issues de différents secteurs de la société qui désiraient exprimer leur désaccord avec les réformes du système de sécurité sociale. Les actions de protestations ont été brutalement réprimées.

Vilma Núñez, directrice du Centre nicaraguayen des droits de l’homme, a déclaré : « La police a commencé par tirer des balles en caoutchouc, mais la situation a dégénéré le lendemain. Le 19 avril, on a dénombré plusieurs morts. Le président Ortega aurait pu mettre un terme à la répression ce jour-là, il ne l’a pas fait. Le lendemain, les policiers tiraient à balles réelles. Ils avaient ordre de tuer. »

 

La stratégie de la répression semble avoir été orchestrée par les plus hautes sphères du gouvernement. Le président Daniel Ortega et la vice-présidente Rosario Murillo, son épouse, ont diabolisé les manifestants et nié que certains d’entre eux avaient été tués, tandis que des représentants de l’État ont refusé aux victimes une aide médicale, manipulé des preuves et refusé d’ordonner des autopsies et autres examens médicolégaux.

Dans les dernières semaines, les actions répressives du gouvernement du Nicaragua ont pris une ampleur dramatique et déplorable : des groupes pro-gouvernementaux lourdement armés circulaient librement, accompagnés des forces de police, avec lesquelles ils se sont livrés à des attaques contre la population civile. Ces agressions ont été particulièrement violentes dans plusieurs villes, telles que Masaya, devenue le symbole de l’opposition au régime impitoyable du président Daniel Ortega.

Des médias sont censurés et les journalistes continuent d’être pris pour cible. Les défenseurs des droits humains sont harcelés et attaqués. Des exécutions extrajudiciaires ont été recensées.

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