Absence de sécurité pour les défenseurs des droits de l’homme

COLOMBIE

Mars 2018

La mise en application de l’accord de paix est loin d’être aisée. Tous ne sont pas favorables à la paix. Les leaders paysans, indigènes ou afro-descendants et les défenseurs des droits de l’homme qui oeuvrent à la répartition des terres, ainsi qu’à la participation politique et à la justice sont régulièrement assassinés (167 de janvier au 20 décembre 2017). Selon Somos Defensores, les paramilitaires sont responsables de 87 % des assassinats de défenseurs pour lesquels les auteurs ont pu être identifiés.

Le 15 janvier 2018, le groupe paramilitaire Autodéfenses gaitanistes de Colombie (AGC) a menacé de mort une douzaine de leaders d’ONG, de syndicats, de mouvements sociaux, communautaires et politiques de gauche. Dans leur communiqué, les paramilitaires indiquent : « De nouvelles morts se préparent comme celles que nous avons déjà commises dans plusieurs communes » ; « Nos combattants et sympathisants doivent exécuter les ordres, l’un d’entre eux est que notre organisation vous attrape vivants et vous fasse disparaître ».

Parmi les défenseurs ciblés, se trouve Walter Agredo Muñoz, coordinateur départemental du Comité de solidarité avec les prisonniers politiques (CSPP), membre de la Coalition colombienne contre la torture avec laquelle l’ACAT est en lien. Walter Agredo Muñoz avait déjà reçu des menaces le 17 juillet 2017.

 

Le 27 janvier 2018, Temíscoles Machado, défenseur des droits de l’homme, a été tué par balles par deux hommes à moto. Il  s’opposait aux mégaprojets de développement et aux groupes armés illégaux dans le port de Buenaventura afin de défendre les droits des communautés afro-descendantes de la région, victimes de nombreuses exactions dans le cadre du conflit armé interne.  Les menaces à l’encontre de Témíscoles Machado étaient bien connues des autorités. Il avait déjà échappé à une autre tentative d’assassinat.

L’Accord de paix prévoit des mesures de protection pour les défenseurs des droits de l’homme et les leaders de mouvements sociaux, ainsi que le démantèlement des groupes paramilitaires. Pourtant, aucune mesure réelle n’a encore été prise en ce sens. Pire, des représentants de l’État accroissent la menace en dénigrant publiquement les défenseurs des droits de l’homme.

Contexte

Accord de paix avec la guérilla des FARC

Selon les derniers chiffres disponibles, le conflit armé interne, qui a duré plus de cinquante ans, a fait environ 267 000 morts, 47 000 disparus, 32 500 otages, 24 500 victimes de violences sexuelles et 11 000 de torture.

Le 1er décembre 2016, l’accord de paix entre l’État et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a été ratifié. Il prévoit notamment :

  • Le cessez-le-feu et le dépôt des armes par les guérilleros ainsi que le démantèlement de toutes les organisations paramilitaires et criminelles ;
  • l’amnistie des infractions politiques, mais des poursuites pénales pour les crimes de guerre et contre l’humanité par un tribunal spécial de paix ;
  • le développement de la participation citoyenne et politique, notamment par la protection des nouveaux partis et des mouvements sociaux ;
  • la restitution des territoires spoliés, une répartition plus équitable des terres et le développement de services publics dans les zones rurales ;
  • la lutte contre les réseaux de trafic de drogues et la promotion de cultures alternatives auprès des petits producteurs.

Absence de sécurité pour les leaders sociaux, les défenseurs des droits de l’homme et les ex-guérilleros

La mise en application de l’accord est loin d’être aisée. Tous ne sont pas favorables à la paix. Les leaders paysans, indigènes ou afro-descendants et les défenseurs des droits de l’homme qui œuvrent à la répartition des terres, ainsi qu’à la participation politique et à la justice sont régulièrement assassinés (167 de janvier au 20 décembre 2017). Des ex-combattants des FARC sont également exécutés.

L’accord avec la guérilla Armée de libération nationale (ELN) n’a pas encore abouti et les violences n’ont pas cessé sur ce front.

Des policiers continuent de réprimer dans le sang des manifestations sociales, comme ce fut le cas le 5 octobre 2017 à Tumaco, dans le département de Nariño.

Des groupes criminels hérités des paramilitaires d’extrême droite, théoriquement démobilisés il y a une dizaine d’années, se développent. Selon Indepaz, ils sont au nombre de 15 répartis dans 274 agglomérations (sur 1 102) de 28 départements sur 32. Le Clan du Golfe (aussi appelé Autodéfenses gaitanistes de Colombie) compte parmi les plus importants. Ces néoparamilitaires s’enrichissent par le narcotrafic et d’autres activités illégales et s’en prennent à tous ceux susceptibles de menacer leurs activités. Selon Somos Defensores, les paramilitaires sont responsables de 87 % des assassinats de défenseur-e-s pour lesquels les auteurs ont pu être identifiés.

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