Violence en détention, refus de soins médicaux,
risque de condamnation à mort

EGYPTE

Juin 2018

Le photojournaliste égyptien Mahmoud Abu Zeid, connu sous le nom de “Shawkan”, est poursuivi par la justice simplement pour avoir fait son travail. Il a couvert la répression par les forces de sécurité d’un sit-in de grande ampleur au Caire. C’est un prisonnier d’opinion et il risque d’être condamné à la peine de mort.

Shawkan a été arrêté le 14 août 2013 alors qu’il prenait des photos de la violente dispersion du sit-in de la place Rabaa al Adawiya, au Caire. Il était sur les lieux lorsque les forces de sécurité ont commencé à disperser violemment un sit-in organisé par des milliers de partisans du président égyptien déchu, Mohamed Morsi. Des centaines de personnes sont mortes dans les violences qui ont suivi, lorsque les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes, des fusils de chasse et des munitions réelles pour disperser la foule, composée pour la plupart de manifestants pacifiques. Shawkan a été si brutalement battu au poste de police qu’il pensait qu’il allait mourir.

Il est détenu depuis lors, en violation de la durée maximale de détention provisoire, simplement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression. Il a déclaré avoir subi des actes de violence physique en détention et d’autres mauvais traitements, comme la privation de médicaments. Il souffre d’anémie et d’hépatite C, et ses proches affirment que sa santé est en train de se dégrader en prison, parce que les autorités lui refusent les soins médicaux dont il a besoin pour son hépatite C.

Shawkan doit répondre des mêmes accusations forgées de toutes pièces qui pèsent contre 738 autres prévenus, sans que soit examinée sa responsabilité pénale individuelle. Il est poursuivi pour 24 infractions, notamment pour « appartenance à un groupe interdit » et pour « meurtre », et encourt la peine de mort. Mais jusqu’ici, l’accusation n’a pas produit d’éléments suffisants pour prouver qu’il est coupable des faits qui lui sont reprochés. En même temps, les autorités égyptiennes ont empêché à maintes reprises les avocats de Shawkan d’accéder à des documents essentiels liés à l’affaire.

Cet homme de 29 ans est un prisonnier d’opinion et l’un des vingt-six journalistes détenus aujourd’hui en Égypte.

Nous vous demandons d’intervenir auprès du président Abdel Fattah al-Sisi pour lui rappeler l’obligation de respecter le droit à la liberté d’expression.

Traduction de la lettre

Monsieur le Président,

Je tiens à vous exprimer ma vive préoccupation au sujet de la situation de Mahmoud Abu Zeid, connu sous le nom “Shawkan”. Je vous demande instamment de le libérer immédiatement et sans condition, et d’abandonner toutes les charges pesant contre lui. Il est prisonnier de conscience, détenu uniquement pour avoir exercé son métier de journaliste.

Il couvrait, en tant que photojournaliste, le sit-in du 14 août 2013 sur la place Rabaa al-Adaweya, au Caire, lorsque les forces de sécurité ont lancé l’assaut.

Lorsque la police a compris que Shawkan était journaliste, elle l’a arrêté. Cela fait maintenant plus de quatre ans qu’il est en détention, poursuivi pour des chefs d’accusation forgés de toutes pièces. Il a subi des traitements violents et ne reçoit pas les soins médicaux dont il a besoin. Il risque la peine de mort s’il est condamné.

Je vous demande également:

  • de fournir à Mahmoud Abu Zeid tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin,

  • de le protéger contre la torture et les autres mauvais traitements,

  • d’ordonner qu’une enquête indépendante et impartiale soit effectuée sur les allégations de torture et d’autres mauvais traitements à son égard pendant sa détention, et que les responsables soient traduits devant la justice, sans recours à la peine de mort.

Je vous demande de le libérer sans délai.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération distinguée.

Agissez en envoyant cette lettre à

Abdel Fattah al-Sisi, Président

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