Violations des droits de l’homme dans les camps de réfugiés
Coopération du Luxembourg et de l’UE avec les garde-côtes libyens
Attaques contre des services de sauvetage en mer

LIBYE

Janvier 2019

Un garde-côte libyen devant 147 migrants clandestins, à 45 kilomètres à l’ouest de Tripoli (AFP)-2017

En Libye, des personnes sont détenues dans des camps et des prisons dans les conditions les plus cruelles et les plus dégradantes. Des tortures, des viols et des exécutions extrajudiciaires ont été enregistrés. De même, les réfugiés et les migrants sont victimes de traite d´êtres humains, d’esclavage et de travail forcé.
Les nombreux témoignages des personnes concernées comme ceux du personnel du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Libye, ainsi que les rapports d’organisations internationales de défense des droits de l’homme, confirment de façon éclatante ce que l’Union Européenne et la Cour européenne des droits de l’homme ont déclaré : la Libye n’est pas un “lieu sûr” où des personnes peuvent être renvoyées.

Au début de septembre 2018 le HCR a appelé tous les États à autoriser les civils fuyant la Libye à entrer sur leur territoire.
Dans le cadre de leurs patrouilles et de leurs opérations de sauvetage, les garde-côtes libyens recourent souvent à la violence contre hommes, femmes et enfants, les forçant à monter sur leur navire pour les ramener en Libye. Après l´instauration d’une “région de recherche et de sauvetage” à l’été 2017, la Libye revendique une souveraineté dans les eaux internationales, contrairement au droit de la mer, et a explicitement annoncé l’usage de la force à l’encontre des organisations humanitaires.

Le développement d’un service de sauvetage maritime libyen, parrainé par l’UE, revêt une importance particulière. Une telle mesure, dans les circonstances actuelles, contribue directement à ce que les unités libyennes capturent, plus encore, des réfugiés en mer et les renvoient dans des camps de détention et de torture.
Les unités libyennes ont aussi, à plusieurs reprises, menacé de mort les sauveteurs en tirant sur leur navire. Lorsque les bateaux libyens sont guidés vers des bateaux de sauvetage des organisations humanitaires avec le risque éventuel de collision, ces derniers sont directement mis en danger. Les missions pour sauver les personnes en péril sont de ce fait sabotées. Ces conséquences mortelles sont également imputables aux membres d’équipage libyens, formés par l’UE dans le cadre de la formation de garde-côtes en Libye.
Malgré tous ces crimes, les garde-côtes libyens continuent de recevoir un soutien financier et du matériel militaire de la part de l’UE. Dans la cadre de l´opération EUNAVFOR MED, le Luxembourg fournit deux des quatre avions de surveillance de l’opération Sophia et contribue au financement des formations des garde-côtes libyens assurées par l’opération européenne.


L’ancien Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Zeid Ra’ad Al Hussein, a qualifié d´”inhumaine” la coopération entre l’UE et des États membres avec le pays en guerre civile. En novembre 2017, il a attribué le surpeuplement croissant des prisons libyennes à l’amélioration des activités des gardes côtes.
Le succès de cette politique a un aspect cynique : au cours de l’année en cours, les garde-côtes libyens ont capturé plus de 14 000 personnes fuyant par mer, les ont rapatriées et les ont empêchées de s’échapper. Une grande partie a été immédiatement emprisonnée. Ainsi beaucoup moins de demandeurs de protection parviennent à atteindre l’Europe.


L’ACAT Allemagne et l´ONG allemande PRO ASYL lancent une campagne contre ces violations des droits de l´homme en Libye et en Méditerranée. Plusieurs ACAT s´y associent. L´ACAT Luxembourg vous propose de vous y joindre en écrivant au Premier Ministre et au Ministre des affaires étrangères du Luxembourg.Le rapport du Comité pour la prévention de la torture a publié en juillet 2018 un rapport accablant sur la situation du pays : le recours à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements physiques par la police et par d’autres services appartenant aux forces de l’ordre et par l’armée, la corruption au sein de l’ensemble du système d’application des lois et l’impunité restent systémiques, répandues et endémiques.

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