RÉPRESSION ALARMANTE DES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME

PHILIPPINES

Eté 2019

La répression des défenseurs des droits de l’homme aux Philippines se poursuit et a atteint des proportions alarmantes au cours des derniers mois.

Les militants des droits de l’hommes de ce pays, notamment les responsables d’ONG et des médias, les défenseurs de droits fonciers et environnementaux, les syndicalistes et les avocats des droits de l’homme, font régulièrement l’objet d’accusations inventées de toutes pièces et de longues périodes de garde à vue arbitraire, ainsi que de menaces et de meurtres commis en toute impunité. La “guerre contre la drogue” que mène de manière acharnée le Président Duterte, la loi martiale qui se poursuit dans la province de Mindanao et la militarisation croissante de la province de Negros sont accompagnées d’une forte vague d’actes violents à l’encontre des défenseurs.

Depuis l’arrivée au pouvoir du Président Duterte en juin 2016, les défenseurs des droits de l’homme sont les victimes d’une campagne permanente de diffamation, par l’utilisation de fake news, qui cherche à empêcher et à discréditer leurs activités légitimes. À la veille des élections du 13 mai, le gouvernement a renforcé ses actions à leur encontre. Le 26 avril 2019, plusieurs avocats, membres du syndicat “National Union of People’s Lawyers (NUPL)”, des journalistes de Rappler, un média en ligne connu pour son journalisme d’investigation et ses prises de position critiques à l’égard du régime de Duterte, ainsi que des membres du Philippines Center for Investigative Journalism (PCIJ), ont été accusés d’avoir participé à une tentative de renversement de Duterte. Ces attaques publiques ont mis en danger et parfois provoqué la mort de défenseurs des droits de l’homme. Le 22 avril 2019, Bernardino Patigas, conseiller municipal et avocat des droits de l’homme connu, était tué. En avril 2018, son nom et son portrait, ainsi que ceux de l’avocat Benjamin Ramos, assassiné quelques mois plus tard, le 6 novembre 2018, et de 60 autres personnes, apparaissaient sur une affiche de personnalités accusées de communisme. Après l’annonce du meurtre de M. Patigas, un message de menace de mort était adressé par SMS à Mme Cristina Palabay, Secrétaire Générale de KARAPATAN, et à plusieurs autres responsables associatifs de la province de Negros, insinuant que les destinataires devaient être tuées dans l’année qui suivrait.

Le nombre d’avocats des droits de l’homme tués pendant la présidence Duterte continue d’augmenter. 38 avocats ont été tués depuis juillet 2016.
Le 24 mai 2019, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme déclarait : “Les défenseurs des droits de l’homme ne sont ni des terroristes, ni des criminels, ni des ennemis de l’État. Nous demandons aux autorités des Philippines de rouvrir un espace pour la société civile, de reconnaître la légitimité des défenseurs des droits de l’homme, et de les protéger au lieu de les diffamer ”.

Traduction de la lettre

Monsieur le Ministre,

Alerté(e) par l’ACAT Luxembourg (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), association des droits de l’homme affiliée à la Fédération internationale de l’ACAT (FIACAT), jouissant du statut consultatif auprès des Nations-Unies, je tiens à vous exprimer ma profonde préoccupation au sujet de la répression continue des défenseurs des droits de l’homme aux Philippines et de la dégradation des conditions dans lesquels ils opèrent.

Je suis alarmé(e) par les nombreuses informations selon lesquelles les représentants associatifs et des médias, les défenseurs des droits fonciers et environnementaux, les syndicalistes et les avocats des droits de l’homme font l’objet d’accusations inventées de toutes pièces et de longues périodes de garde à vue arbitraire, ainsi que de menaces et de meurtres commis en toute impunité. Il est incontestable que ces mesures ont pour objet d’étouffer les critiques à l’égard du Président Rodrigo Duterte et de sa “guerre contre la drogue”.

Je vous demande instamment de mettre fin au harcèlement des médias, des défenseurs des droits de l’homme et des personnes qui critiquent le gouvernement, et d’agir rapidement pour défendre et protéger la liberté d’expression et de rassemblement et la liberté de la presse, conformément aux engagements internationaux des Philippines. Je vous exhorte également à veiller à ce que tous les meurtres, ainsi que les cas de harcèlement et de menaces de mort, fassent l’objet d’enquêtes approfondies et que les responsables soient jugés.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma haute considération.

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