Disparition forcée d’une ressortissante ouïghoure au Xinjiang

CHINE

Décembre 2019

Guligeina Tashimaimati n’a pas été vue depuis la fin 2017, quand elle est rentrée de Malaisie dans sa ville natale de Yili, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang chinois. Sa famille craint qu’elle soit détenue dans un « camp de rééducation » et soumise à la torture et à d’autres mauvais traitements.

« Disparition »

Lors d’un voyage au Xinjiang chinois Guligeina Tashimaimati, doctorante à l’University of Technology de Malaisie, a été vue pour la dernière fois le 26 décembre 2017 à l’aéroport international de Senai en Malaisie alors qu’elle se rendait en Chine. En effet, la jeune femme ouïghoure originaire de la région du Xinjiang craignait pour sa famille et avait donc décidé de retourner voir ses proches, dont elle n’avait plus de nouvelles depuis février 2017. Quelques semaines après son arrivée à Yili, elle a cessé de donner tout signe de vie.

Probable détention dans un camp de « rééducation » Avant son voyage, Guligeina s’était arrangée avec un ami pour qu’elle change sa photo de profil sur son portable chaque semaine, comme signe qu’elle était en sécurité. Guligeina Tashimaimati a changé sa photo de profil une semaine après son arrivée à Yili. Le portrait est resté le même pendant quelques semaines puis a été remplacé par une photo sombre, en noir et blanc, de quelque chose qui ressemblait à une cellule de prison. Vu la répression continue et sans précédent menée dans la région contre les Ouïghours et d’autres minorités ethniques, les proches de Guligeina craignent qu’elle soit détenue dans un camp de « rééducation ».

Minorité musulmane ouïghoure réprimée

Les Ouïghours et d’autres minorités ethniques à prédominance musulmane du Xinjiang sont depuis longtemps victimes de violations de droits humains, notamment du droit à la liberté de religion et d’association. Au cours des dernières années, les autorités ont commencé à les cibler de manière plus complète et à plus grande échelle. Les techniques de répression comprennent le recours généralisé à la détention arbitraire, la surveillance technologique, le recours accru à des patrouilles lourdement armées, le renforcement des points de contrôle de sécurité et toute une série d’autres politiques intrusives qui violent les droits humains.

Répression accrue depuis 2017

Depuis 2017, de nombreux centres de détention ont été mis en place au sein de la région du Xinjiang par les autorités chinoises. Appelés centres de « désextrémisation », « d’études politiques », de « transformation par l’éducation », ces centres sont des lieux de détention arbitraire pour une durée indéterminée, et d’étude forcée des lois et politiques chinoises. Les pratiquants religieux connus, les personnes en relation avec des « contacts étrangers » et d’autres groupes cibles sont susceptibles d’être envoyés dans ces centres de détention. Un grand nombre d’Ouïghours y sont incarcérés.

Aveux déguisés de la Chine

La Chine a toujours nié la pratique de cette répression et l’existence de ces camps. Face aux critiques grandissantes de la communauté internationale et des ONG, le gouvernement chinois a réagi à la mi-octobre 2018 en modifiant la réglementation locale pour officialiser les camps en prétendant qu’ils offrent une « formation professionnelle», reconnaissant ainsi l’existence de ces centres.

Résumé de la lettre

Dans la lettre au Président chinois, il est demandé de divulguer l’endroit où se trouve Guligeina Tashimaimati, de la protéger de tout acte de torture et mauvais traitements, de lui permettre l’accès à un avocat et à sa famille et de la libérer immédiatement. Mme Tashimaimati n’a commis aucun crime et ne subit ces peines injustifiées qu’en lien avec son origine ouïghoure. Il est rappelé que la Chine a adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme qui interdit toute discrimination basée notamment sur la religion ou l’origine ethnique. La Chine est aussi Partie à la Convention de l’ONU contre la torture qui prohibe tout acte de torture et mauvais traitements discriminatoires. Il est également demandé à la Chine d’abolir les centres de détention arbitraire des Ouïghours et d’autres minorités ethniques dans le Xinjiang, et de mettre fin à ces détentions arbitraires.

Agissez en envoyant cette lettre à

Mr. Xi Jinping

Président de la République Populaire de Chine

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