Répression sans précédent contre la société civile

VIETNAM

Avril 2018

La détention de Nguyen Trung Ton, qui fait l’objet de cet appel, est illustrative de la répression qu’exerce le gouvernement vietnamien de manière généralisée à l’encontre des voix critiques du pouvoir. En 2017, une trentaine de militants des droits humains et blogueurs ont été arrêtés, emprisonnés ou forcés à l’exil, comme Dang Xuan Diêu, ou le blogueur et professeur franco-vietnamien, Pham Minh Hoang. Sans compter ceux qui étaient déjà détenus et ont été condamnés au cours de l’année comme la blogueuse Nguyen Ngoc Nhu Quynh, alias Me Nam.

Les autorités vietnamiennes utilisent systématiquement les mêmes articles du code pénal (79 et 88) pour emprisonner arbitrairement les militants et blogueurs qui s’expriment pacifiquement. Ces dispositions légales sont rédigées de façon très floue et dénoncées depuis de longues années par la communauté internationale qui appelle à leur révision ou abrogation. Le Parti communiste, parti unique au Vietnam, cherche par tous les moyens à faire taire les voix qui critiquent son action ou ses manquements.

Les conditions dans les prisons et les centres de détention vietnamiens sont très mauvaises et peuvent être constitutives de traitements inhumains et dégradants, voire de torture. Pendant les périodes de détention provisoire (qui peuvent durer de longs mois, comme dans le cas de l’avocat Nguyen Van Dai, emprisonné depuis plus de deux ans), la torture et les mauvais traitements sont utilisés de façon routinière pour arracher des confessions et contraindre les détenus politiques à plaider coupable.

Nguyen Trung Ton, 45 ans, est un pasteur protestant et un défenseur des droits humains.
Le 30 juillet 2017, il est arrêté à Hô Chi Minh-Ville dans le cadre d’un large coup de filet des autorités vietnamiennes sur les membres de Brotherhood for Democracy, une organisation de la société civile de promotion des droits humains. Nguyen Trung Ton est placé en détention préventive et accusé en vertu de l’article 79 du Code pénal vietnamien, d’« activités visant à renverser l’administration populaire », une charge passible de la peine de mort.

Il est nécessaire de rappeler que lors d’une précédente incarcération entre 2011 et 2013, Nguyen Trung Ton avait été victime d’abus et de mauvais traitements de la part des gardes, dont le pasteur garde d’importantes séquelles. Par ailleurs, les conditions sanitaires de la prison – manque de luminosité ayant entraîné des problèmes de peau, manque de nourriture, très mauvaise qualité de l’eau – avaient fortement impacté sa santé. Nguyen Trung Ton avait développé des problèmes aux yeux ainsi que des calculs rénaux qui, faute de soins adaptés, pourraient s’aggraver. Pourtant, sa famille n’a pas été autorisée à lui délivrer les médicaments dont il a besoin. Selon son épouse, le pasteur souffre également de douleurs lancinantes aux jambes depuis une violente agression subie en février 2017.

Agissez en envoyant cette lettre à

M. Doan Van Tinh, Directeur de la prison

Nos précédentes actions

Appel du mois – Mars 2018

La mise en application de l’accord de paix en Colombie est loin d’être aisée. Tous n’y sont pas favorables à la paix. Les leaders paysans, indigènes ou afro-descendants et les défenseurs des droits de l’homme qui oeuvrent à la répartition des terres, ainsi qu’à la participation politique et à la justice sont régulièrement assassinés. Les paramilitaires seraient responsables de 87 % des assassinats de défenseurs pour lesquels les auteurs ont pu être identifiés.

Suivi d’appel du mois – Bénin

Les 14 derniers condamnés à morts au Bénin viennent de voir leur peine communée en prison à perpétuité.
En juillet 2012, le Bénin avait adhéré au traité des Nations unies portant abolition de la peine de mort. Une adhésion entérinée en 2016 par la Cour Constitutionnelle béninoise par un arrêt qui abolit dans les faits la peine capitale pour tous les crimes dans le pays. Pourtant ces 14 condamnés demeuraient soumis à cette peine.

Appel du mois – Février 2018

Pour avoir refusé d’adhérer à l’Association Catholique Patriotique, organe de l’Église officielle du gouvernement chinois, SU Zhimin aura passé plus de quarante années en détention. Il est détenu au secret sans jugement ni condamnation depuis 20 ans.

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